21.08.2026

Les Nouvelles du réseau – Faut-il laisser les pleins pouvoirs au marché ou privilégier la régulation !?!

Les Nouvelles du réseau – Aut-il laisser les pleins pouvoirs au marché ou privilégier la régulation !?!

Faut-il laisser les pleins pouvoirs au marché ou privilégier la régulation !?!

Comment l’Europe redéfinit son positionnement économique, quelle logique stratégique sous-tend le Green Deal, la CSRD, la CSDDD, le CBAM et les autres réglementations, et comment les entreprises suisses et liechtensteinoises peuvent en tirer de véritables avantages concurrentiels.

Ces dernières années, l’Union européenne a mis en place un réseau réglementaire dense, qui va bien au-delà des exigences environnementales classiques.

Green Deal européen, taxonomie de l’UE, critères ESG, règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (SFDR), directive relative à la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (CSRD), mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM), directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (CSDDD), responsabilité élargie du producteur (REP) et règlement sur l’écoconception pour des produits durables (ESPR) : tous ces dispositifs façonnent un nouveau cadre économique, qui influence aussi bien les chaînes d’approvisionnement mondiales que les décisions stratégiques prises au plus haut niveau des entreprises.

L’un des principaux effets de ces mesures est la création de conditions de concurrence équitables. L’Union européenne impose des normes plus strictes non seulement aux entreprises européennes, mais également à tous les fournisseurs qui commercialisent leurs produits sur le marché intérieur.

Le CBAM en est une illustration particulièrement concrète. Lors de l’importation, les producteurs de pays tiers doivent supporter des coûts liés aux émissions comparables à ceux résultant du système européen d’échange de quotas d’émission. Les fabricants recourant à des méthodes peu coûteuses mais fortement émettrices perdent ainsi leur avantage tarifaire. Pour des secteurs tels que la sidérurgie, l’aluminium, la chimie ou la construction mécanique, ce mécanisme contribue de fait au maintien des activités industrielles en Europe, puisque les concurrents issus de régions appliquant des normes environnementales et sociales moins exigeantes ne peuvent plus s’imposer uniquement par les prix.

Parallèlement, une seconde dynamique se dessine : la réglementation comme moteur d’innovation. La CSRD oblige les entreprises à cartographier l’ensemble de leur chaîne de valeur sur la base de données vérifiables. La CSDDD impose des devoirs de vigilance clairement définis en matière de droits humains et d’environnement tout au long des chaînes d’approvisionnement mondiales. L’ESPR exige quant à lui une nouvelle génération de produits : réparables, circulaires et à faible empreinte carbone.

Les entreprises qui ne se contentent pas de respecter ces exigences, mais les exploitent de manière stratégique, développent de nouveaux modèles économiques : solutions numériques de reporting, matériaux à faible empreinte carbone, produits conçus pour l’économie circulaire ou processus à haute efficacité énergétique. La réglementation devient ainsi un catalyseur d’innovation, d’accès au financement et de différenciation sur le marché.

Des risques subsistent néanmoins. Les petites et moyennes entreprises supportent souvent des coûts administratifs et de mise en œuvre disproportionnés. À l’échelle mondiale, il existe également un risque de délocalisation des activités de production à forte consommation d’énergie ou à fortes émissions vers des régions moins réglementées. L’Union européenne doit donc veiller à ce que ses exigences restent neutres sur le plan technologique et laissent aux entreprises une marge de manœuvre suffisante pour explorer différentes voies d’innovation.

À l’échelle internationale, la densité réglementaire européenne produit des effets ambivalents. D’une part, les normes européennes s’imposent progressivement dans le monde entier, car de nombreuses entreprises ne souhaitent pas perdre leur accès au marché européen. D’autre part, de nouveaux concurrents émergent, notamment en Asie. Soutenus par des aides publiques, ils peuvent se développer plus rapidement tout en étant soumis à des contraintes de conformité moins strictes. Les entreprises européennes doivent donc démontrer qu’une réglementation exigeante ne se traduit pas nécessairement par un désavantage concurrentiel.

L’accès à des sources stables de matières premières et d’énergie revêt une importance croissante. Le recyclage devient une source stratégique de matières premières pour l’avenir et réduit les dépendances géopolitiques. Le développement des énergies renouvelables — électricité éolienne et solaire, biogaz ou carburants de synthèse — renforce la résilience, améliore la prévisibilité des chaînes d’approvisionnement et accroît la souveraineté énergétique de l’Europe.

Réglementation, innovation et stratégie d’implantation sont de plus en plus étroitement liées. Les entreprises suisses et liechtensteinoises qui façonnent activement cette transformation et savent convertir les exigences réglementaires en avantages produits, en gains d’efficacité et en nouvelles opportunités commerciales préserveront durablement leur compétitivité, au sein comme en dehors du marché intérieur.

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